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dimanche 31 août 2014
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Repères

Domaine de la CDB : Etat des connaissances, innovations et pratiques traditionnelles

Indicateur clé de la CDB :
Etat et évolution de la diversité linguistique et des populations de locuteurs de langues autochtones

Principal(ux) partenaire(s) travaillant sur l’indicateur :

Données disponibles : Séries chronologiques régionales/nationales

État d’élaboration : Méthodologie en cours d’examen

Raison

Il existe un lien fondamental entre les langues et les connaissances traditionnelles, d’une part, et la biodiversité d’autre part. Pour classer les divers éléments du monde naturel, les communautés locales et autochtones ont élaboré des systèmes complexes qui reflètent une compréhension profonde de la flore, de la faune, des relations écologiques et de la dynamique des écosystèmes locaux. Plus d’un tiers des langues du monde sont en danger et risquent de disparaître avant la fin du siècle et au fur et à mesure que ces langues s’éteindront, on assistera à une perte irrémédiable de connaissances en matière de biodiversité. Les informations sur l’état et l’évolution des populations de locuteurs de langues autochtones peuvent par conséquent être utilisées comme indicateur proxy pour mesurer l’évolution de l’état des connaissances, innovations et pratiques traditionnelles.

État

L’UNESCO a commencé en 2006 à collecter et à compiler des données à grande échelle pour l’élaboration de cet indicateur. En 2010, l’ensemble de données renferme plus de 5 000 articles sur près de 3 000 langues réparties dans 115 pays et territoires. Les données proviennent de 64 sources différentes et couvrent une partie significative du globe. Toutefois, il existe encore des régions qui n’ont pas été étudiées, telles que plusieurs pays asiatiques et africains. Des efforts continus sont déployés afin de rassembler des données supplémentaires et la liste existante des sources n’est certainement pas complète.

Dans la mesure du possible, les sources produites au niveau national, telles qu’enquêtes sur les langues et recensements, ont été utilisées afin d’extraire des données sur les langues autochtones, qui ont ensuite été stockées et organisées dans la base de données de l’UNESCO intitulée « Linguistic Vitality Survey Application ». Cette base de données renferme trois principaux types de données de population concernant les locuteurs de langues autochtones, les groupes ethniques et les pays.

Le tableau ci-dessous montre les données existantes en termes des séries chronologiques disponibles et des types de sources concernant les populations de locuteurs de langues autochtones :
 

1 Pays ou territoires avec au moins 1 point d’information, toutes sources confondues 115
2 Pays ou territoires avec 2 points d’information ou plus, toutes sources confondues 60
3 Pays ou territoires avec au moins un point d’information basé sur une source officielle (généralement, un recensement de population ou une enquête sur les langues) 55
4 Pays ou territoires avec 2 points d’information ou plus à partir de recensements 16
5 Pays ou territoires avec 3 points d’information ou plus à partir de recensements 11
 
 
 

 

Échelle

Étant donné la complexité de la collecte de données sur les populations de locuteurs de langues autochtones et la disparité des méthodologies utilisées dans les différents pays, l’indicateur sera au départ uniquement applicable au niveau national. À plus long terme, toutefois, en s’appuyant sur les directives relatives à la collecte de données sur les langues que l’UNESCO est actuellement en train d’élaborer, il sera possible de produire un indicateur mondial relatif à cette question.

L’indicateur

 

 

 

 

 

 

Vitalité et danger de disparition des langues.
Source : Atlas UNESCO des langues en danger dans le monde, 2010

Comment interpréter l’indicateur

Les langues autochtones sont le véhicule de connaissances traditionnelles sur la biodiversité et l’environnement, et sur la gestion durable des ressources naturelles. Une augmentation du nombre de langues éteintes représenterait une perte irrémédiable de connaissances relatives à la biodiversité, ce qui aurait à son tour des répercussions négatives sur le maintien et la protection de celle-ci. Une augmentation du nombre de langues menacées (vulnérables, en danger et sérieusement en danger) indiquerait que ces langues sont soumises à de plus fortes pressions qui risquent de conduire à leur extinction. Une diminution du nombre de langues menacées indiquerait une préservation des langues, qui permettra de sauvegarder des connaissances sur la biodiversité.

Description narrative actuelle

L’analyse préliminaire des données indique que les langues parlées par moins de 10 000 personnes (51 % des 6 900 langues actuelles) ont perdu des locuteurs au cours des quarante dernières années et un grand nombre risque de disparaître avant la fin de ce siècle. Les langues parlées par de petits groupes autochtones vivant dans des zones riches en biodiversité sont plus susceptibles de perdre des locuteurs au fil du temps que les langues autochtones plus répandues dont la dynamique présente certaines similarités avec celle des langues majoritaires et/ou dominantes, tels que l’anglais, le mandarin, l’hindi, l’espagnol et le français.

Des analyses plus détaillées des données collectées sont nécessaires pour expliquer l’évolution des populations de groupes ethniques, l’évolution globale des populations, les flux de migration, les politiques linguistiques à divers niveaux, ainsi que les changements d’attitudes tant parmi les gouvernements que parmi les locuteurs de langues autochtones.

Utilisation nationale

L’indicateur n’est pas encore prêt à utiliser à l’échelle nationale, car la méthodologie employée pour son élaboration est en cours d’examen.
Pour de plus amples informations sur l’utilisation potentielle de cet indicateur au niveau national, contacter Anahit Minasyan à l’UNESCO
(A.Minasyan@unesco.org).

 
 
 
 
Évolution future

La mise au point de méthodes cohérentes et homogènes de collecte de données sur les langues à l’échelle mondiale permettra une comparaison internationale de ces données, ce qui facilitera la tâche d’élaboration d’un indicateur relatif aux populations de locuteurs de langues autochtones au niveau mondial.

L’UNESCO poursuivra la collecte et l’analyse de données dans les prochaines années dans le but d’élaborer, de tester et de promouvoir aux niveaux international et national un Indice de vitalité linguistique. Il est essentiel de préconiser une harmonisation mondiale des méthodologies de collecte de données sur les langues afin de constituer un ensemble de données mondial utilisable et des séries chronologiques sur les langues autochtones.
 

Photo credits:
Men singing ©seagers; Lady with nose ornament ©Meena Kadri; Vietnamese school room ©World bank

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