On est actuellement en train de développer cet indicateur en explorant la relation entre les tendances d’évolution de l’état de conservation d’espèces sélectionnées, les cours des produits de base et la capacité des populations d’accéder aux produits animaux et végétaux sauvages dans neuf pays sélectionnés où ceux-ci jouent un rôle important dans l’alimentation et la médecine. Cette nouvelle approche vise à répondre à la question suivante : « Comment la disponibilité de espèces utilisées dans l’alimentation et la médecine évolue-t-elle au fil du temps ? ». Étant donné que de nombreuses personnes des communautés rurales, souvent les plus pauvres, comptent sur diverses espèces pour se nourrir, se soigner et pour d’autres usages, toute aggravation de l’état des espèces et toute réduction de la capacité d’accéder à ces produits sauvages risque d’exacerber la pauvreté.
On travaille actuellement à la sélection d’un panier approprié d’animaux utilisés dans l’alimentation et la médecine et de produits végétaux médicinaux pour les pays sélectionnés. Des données seront collectées sur l’état des populations nationales de ces espèces et sur les prix à la consommation (locaux, régionaux ou nationaux, selon la situation) des produits qui en sont issus. Pour chaque pays, les espèces seront regroupées dans un panier de biens pour l’alimentation et la médecine. La tendance du prix de ce panier de biens sera comparée aux prix d’un produit important au niveau local (tels que les produits alimentaires de base : riz, manioc p. ex., et les médicaments, tels que l’acide acétylsalicylique générique/aspirine). Une comparaison sera également faite avec une mesure du PIB afin de montrer l’évolution des prix par rapport à l’évolution des revenus des ménages.
On collecte actuellement des données en vue de la mise en œuvre de cette approche. Celles-ci constitueront un point de départ pour l’élaboration de l’indicateur en 2010.
La collecte de données sur les plantes médicinales est en cours dans le cadre du processus d’évaluation de la Liste Rouge de l’UICN. En se référant à la Check-list mondiale des plantes médicinales, il sera possible de comparer les plantes utilisées dans la médecine et celles qui ne le sont pas parmi l’échantillon de 3 000 plantes qui sont évaluées dans le cadre de l’élaboration de l’Indice échantillonné de la Liste Rouge relatif aux plantes.
En outre, des travaux sont en cours sur d’autres taxons à travers les initiatives portant sur l’Indice échantillonné de la Liste Rouge. Ces travaux pourraient aussi élargir la couverture des espèces utilisées dans l’alimentation et la médecine, par ex. les poissons et les invertébrés.